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BATAILLE DE BOUGAFER : LE MAROC HÉROÏQUE

Cette chronique est une contribution de M. Lahcen Touassi.

De tout temps le Maroc a été la cible d’attaques des conquérants : les Vandales, les Romains, les Portugais, les Espagnols, et enfin au début du 20éme siècle, les Français. Mais tous ces conquérants ont été arrêtés, et stoppés dans leur élan, par le Makhzen parfois, par des chefs de tribus souvent. Abdelkrim AL KHATTABI, Moha ou Hammou ZAYANI, sont des exemples parmi des dizaines. Le cas dont nous avons célébré le 82éme l’anniversaire le 23 mars est celui de Assou ou BASLAM, dont les chroniques de guerre disent qu’il a pris son commandement vers 1919, comme chef des tribus berbères des AIT-ATTA, et s’est opposé à la pénétration française dans le sud marocain.

Il a livré une bataille mémorable, la bataille de BOUGAFER, qui a duré du 12 février au 23 mars 1933, soit 40 jours de combats acharnés entre le pot de fer, et le pot de terre.

Un homme aux mains nues contre le prestigieux général Hure, disposant d’une armée aguerrie, et d’armes dernier cri. Mais, malgré ces avantages, le général a perdu beaucoup de ses hommes, et surtout le plus prestigieux d’entre eux : le capitaine Henri de BOURNAZEL, qui a rendu l’âme entre les mains du médecin capitaine Jean-VIAL (voir l’ouvrage de celui-ci : Le Maroc héroïque, et aussi l’ouvrage de l’académicien Henri BORDEAUX, intitulé : Henri de BOURNAZEL, une épopée Marocaine). La mort du capitaine Henri de BOURNAZEL a créé un vent de panique au sein de l’armée française. Devant la résistance acharnée des AIT-ATTA, le général HURE a pris deux décisions :

1) Soumettre le BOUGAFER au blocus. Les passages obligés, et les points d’eau sont surveillés de jour comme de nuit, avec ordre de tirer sur n’importe qui voulant puiser l’eau, femmes et enfants compris. Par cette décision, l’armée française a un peu perdu son âme dans cette affaire.

2) Faire appel à l’aviation pour bombarder les sommets de la montagne, et déloger les insurgés. Pris en tenaille, l’AMGHAR tire la conclusion qu’il lui faut arrêter les combats.

Assou ou BASLAM envoie ses émissaires avec le drapeau blanc dans une main, et les conditions de la cessation des combats dans l’autre. Le général HURE, las des pertes de ses hommes, a eu la sagesse de toutes les accepter, sans même chercher à négocier. Ces conditions, les voici :

1) La garantie que l’autorité du GLAOUI ne s’étendra jamais aux territoires des AIT-ATTA.
2) L’interdiction de faire chanter, ou danser, les femmes AIT-ATTA devant les autorités françaises.
3) La confirmation de Assou ou BASLAM dans ses fonctions d’AMGHAR OUFELLA (Amghar suprême).
4) L’exemption des AIT-ATTA des travaux obligatoires.
5) La récupération des biens séquestrés.

Toutes ces conditions ont toujours été respectées par les Français.

A l’avènement de l’Indépendance, sa Majesté Mohamed V d’abord, sa Majesté Hassan II ensuite, l’ont confirmé dans ses fonctions, et ont nommé ses enfants, puis ses petits enfants aux postes de CAIDS dans leur région.

Ainsi se termine l’un des épisodes glorieux de notre histoire, et de notre bravoure.

Ayant l’obligation d’avoir ne serais-ce qu’une fois par an, une pensée pleine de reconnaissance et d’admiration pour ceux qui ont défendu l’Indépendance de notre cher Royaume.

Lahcen TOUASSI

publié par Ayoub Bouazzaoui 06/04/15 La nouvelle tribune du Maroc

Tag(s) : #histoire du Maroc

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